J’ai plus faim !

Publié le par Odile



Bon voilà, il faut que je vous explique mon dilemme, et ce qui m’énerve à la fois
(on dirait pas comme ça, mais plein de trucs m’énervent !) :


Au régime ou ogresse !

Dans certains domaines, c’est à croire que seul un raisonnement binaire est possible (et quand je dis binaire, je devrais dire manichéen). Pourquoi en est-il ainsi ? Peut-être pour éviter de se poser trop de questions, et pouvoir donner une réponse stéréotypée à chaque situation qui se présente.

Ainsi, on assiste souvent à un net classement des femmes : d’un côté, celles qui sont au régime ; de l’autre, celles qui, n’y étant pas, ont forcément un appétit d’ogre et peuvent tout engloutir sans problème.

Je force le trait ? Bon, un peu, mais à peine, je vous assure ! J’ai plein d’exemples, et c’est bien ça le problème. Sinon je n’en parlerais même pas.  Je sais que d’autres préjugés ont la dent dure dans ce domaine, mais je parle de ce qui me touche particulièrement, et de ce que je constate très fréquemment.

Ce qui m’énerve dans cette dichotomie, c’est qu’on ne peut même plus se positionner ailleurs que dans les cases. Et quand on tente de le faire, on passe un peu pour une enquiquineuse qui a décidé de contredire tout le monde, ou pour une spéciale qui voudrait se démarquer. Il semble rarement venir à l’idée des catégoriseurs que l’on souhaite juste rétablir sa propre vérité, la situation dans laquelle on se trouve et qui ne rentre pas forcément dans les petites cases.

Bien sûr, quantité de filles sont au régime dans mon entourage (ou « font attention », ce qui revient au même). Mais les quelques-unes qui s’en tiennent éloignées ne sont pas toutes des goinfres ou des estomacs sans fond !


Finalement, il faudrait que j’ajoute une case afin de mieux rendre compte du classement souvent effectué :


- Soit une fille est au régime (qu’elle soit mince ou grosse)
- Soit une fille est une goinfre (surtout si elle a de l’embonpoint)
- Soit une fille a un appétit léger ou fluctuant (mais c’est rare, et seulement pour la très mince ou la maigre - elles ont forcément un petit estomac, ce sont des choses fragiles)



Ce que je n’aime pas, dans ce climat qui confine parfois à la suspicion généralisée, c’est qu’on semble ne pas avoir le droit d’avoir plus ou moins faim selon les jours, selon les heures. Bref, on dirait parfois qu’il faut toujours avoir bon appétit, ou bien se restreindre constamment.

Cette réflexion ne me serait sans doute pas venue à l’esprit avant, mais depuis quelque temps que j’ai cessé les régimes, je réalise toutes les questions et réflexions auxquelles j’ai droit quand, par malheur, je n’ai plus faim pour le dessert, ou que je ne souhaite pas reprendre du gratin une deuxième fois …


« T’es au régime ? » « T’es malade ? » « C’est pas bon ? »

Voilà les trois seules possibilités. Si je ne suis pas au régime, c’est sans doute que je suis malade. Et si vraiment ce n’est pas ça, je dois certainement ne pas aimer le plat pour ne pas en vouloir à nouveau.

Je suis assez ahurie de constater qu’on ne pense même pas à la satiété.
Si je dis que je n’ai plus faim, c’est peut-être parce que c’est vrai … tout simplement !

Mais c’est à croire que cette option est impossible.

Je ne dis pas que tout le monde est ainsi. Mais je remarque très souvent qu’on ne me croit pas, ou qu’on me regarde bizarrement lorsque je dis ne plus avoir faim (surtout quand c’est après avoir mangé « trois fois rien » … parce qu’en plus il faut manger un certain volume, sinon on ne peut que mentir !).

Le pire dans tout ça, c’est que lorsqu’on me croit, on me dit parfois « et alors ? pas besoin d’avoir faim pour manger », « ah mais si on devait attendre d’avoir faim pour manger … », « si on ne mangeait qu’à sa faim, ça serait pas drôle, on ne mangerait rien » …

Bref, des réflexions typiques de la société d’abondance dans laquelle on se trouve. Et pour le coup, je dois vous avouer que ça me scandalise tout autant que ça me fait peur.
Si ne plus avoir faim n’est pas une bonne raison pour arrêter de manger, faut-il que je vomisse sur la table pour en convaincre tout le monde ???



Mon dilemme, l'impasse (?)


Alors bien sûr, si je n’avais aucun problème avec mon alimentation, je trouverais certainement des astuces, et le moyen de manger tranquillement en société, parfois même sans faim ou un peu au-delà, tout en laissant la régulation faire son travail (= en attendant d’avoir de nouveau faim pour manger).

Le problème, c’est que je n’arrive pas encore à manger sereinement et en tenant compte de ma faim et de ma satiété. Du coup, je surmange très souvent, et notamment lorsque je suis seule. Et il m’arrive fréquemment de ne plus avoir très faim lorsque je mange avec les autres. Et je ne me vois pas étaler mes problèmes en disant « je ne peux pas manger beaucoup parce que je me suis déjà bien remplie tout à l’heure » …

Mais il arrive aussi que je n’aie pas trop mangé, que je parvienne à manger à ma faim lorsque je suis seule, et que j’aie le désir de respecter mes sensations … Vient alors un repas avec les autres. Et là, il arrive souvent que je ne puisse pas poursuivre sur la même voie, puisque j’aurai droit aux réflexions citées précédemment : « tu manges rien ! » « t’es malade ? » « tu surveilles ta ligne ? » « allez, tu vas bien en reprendre pour me faire plaisir ! » (la pire celle-là)

Dans ces conditions, comment voulez-vous arriver à quelque chose, comment voulez-vous que j’avance ? Quand d’un côté c’est moi qui me freine, mais qu’une fois prête à me respecter, ce sont les autres qui ne me respectent pas ?

Oui, je crois que c’est vraiment une question de respect … On ne respecte pas les autres, parce qu’on ne se respecte pas soi. Est-il vraiment normal d’infliger ses problèmes aux autres ?!

J’aimerais bien pouvoir manger simplement …


PS : N'ayez crainte, je ne suis pas résignée ni abattue ... mais des fois, je regrette qu'on ne soit même pas aidée par son entourage qui ne comprend pas les enjeux (sans méchanceté, mais c'est presque pire car on n'ose pas se rebiffer du coup ...)

Publié dans Sans régime !

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remède ronflement 17/02/2015 02:34

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alibi haleine 17/02/2015 02:34

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solange 27/02/2010 23:34




Bonjour

Alors là je te comprend...

Je suis pareil j'ai les mêmes combats.

Ici je commence :  LE REGIME SANS REGIME

de Ben
Fletcher (Auteur), Karen Pine (Auteur), Danny Penman
(Auteur), Caroline Chaminadour (Traduction)

Je l'ai payé 17,90 €

Mais j'ai la ferme certitude que ce système va fonctionner.

C'est basé simplement sur des changements d'attitude et des mauvaises habitudes a perdre, mais rien d'alimentaire.

Il est a lire et essayé.....

Bonne Chance

Solange



Odile 02/03/2010 19:30


Bonjour Solange,

Merci pour ce message plein d'optimisme :-) Je pense aussi que des changements d'habitudes peuvent aider à se délester de quelques kilos superflus... J'ai "Le régime sans régime" dans ma
biliothèque mais je ne l'ai pas encore lu complètement. Donc si tu veux donner tes impressions sur cette méthode, je serai intéressée et curieuse d'en savoir plus. Bienvenue dans l'attitude "sans
régime", et bonne continuation !


Motivationsport...au régime aussi ! 02/10/2006 14:12

Très bon blog ! :)

Odile 16/08/2006 21:17

Merci à vous toutes pour vos commentaires bien sentis et toujours agréables à lire ;-) Annelise, je te remercie pour ton passage régulier et pour ton commentaire qui, je trouve, apporte un éclairage supplémentaire, un nouvel exemple de ce que le rapport à la nourriture peut engendrer comme réflexions débiles, gênantes, blessantes, et j'en passe ! C'est vrai que des fois, on peut tout simplement ne pas trouver ça bon ! ou ne pas en avoir envie de plus, se réserver pour autre chose, que sais-je encore ... Bref, on devrait pouvoir être respecté dans sa position, quelle que soit la raison qui nous fait dire "non merci, je n'en veux plus" ... Cocktailgirl, merci de t'être arrêtée sur mon blog et d'avoir pris le temps pour un petit message sympa ;-) Carine, sache que j'apprécie beaucoup les longs messages, et quand en plus ils sont instructifs et plaisants comme le tien, il n'y a pas de quoi rouspéter, crois-moi :-) Merci donc pour cet apport sur le sujet, j'avais effectivement dans l'idée, d'après ce qu'on peut entendre dans les médias, que la population américaine était assez scindée concernant le rapport au corps et à la nourriture ... Ton témoignage ne fait que valider cette "connaissance". À bientôt Ln la marmotte, ce que tu décris ne m'étonne pas, je connais certaines personnes qui sont tellement obsédées par l'envie de maigrir (ou la crainte de grossir) qu'elles le transmettent à leur entourage, ou en tout cas font tout pour que les gens autour aient les même préoccupations, les culpabilisant si elles ne voient pas les choses du même oeil ... Heureusement que tu ne manges pas constamment avec ta belle-mère ! Tu parles de ce que tu n'imposes pas à tes enfants (finir leur assiette), que l'on ne t'a d'ailleurs pas imposé (enfin, tu dis qu'on ne t'a pas obligée à te resservir, mais qu'en est-il du "finir son assiette" ?). Je trouve cette question essentielle, car il est loin d'être évident de s'affranchir de ce que l'on a vécu enfant ... et cela vaut bien sûr pour le rapport à la nourriture. C'est aussi pourquoi je tiens à avancer personnellement sur ce plan, car je n'envisage pas de rester avec des difficultés à cet égard lorsque j'aurai des enfants. J'aimerais m'être apaisée, pour ne pas leur transmettre mes craintes et mes "compulsions" ... Travail long, tortueux, mais qui sera certainement et pour moi, et pour les autres ... Merci encore ;-)