Faire l'effort de s'écouter, de se respecter

Publié le par Odile


Déjà deux semaines que je souhaitais faire la remarque qui va suivre, et puis les jours ont passé ... Finalement je me décide, peut-être parce que la remarque est particulièrement pertinente ce soir ...



*** Je m'étonne d'être confrontée à deux états assez différents, jusque dans ma façon de me sentir ... Je m'explique :


u  Lorsque je suis seule, je mange quasiment toujours trop. C'est à dire bien au-delà de ma faim, sans même en tenir compte, en fait ... Je mange pour me remplir, pour m'adoucir l'esprit, pour oublier, pour m'anesthésier après une dure journée, que sais-je ...

u  Lorsque je suis avec les autres, je fais bien plus attention à mes sensations. Je me rends compte alors assez rapidement que je suis rassasiée, et je tiens bien plus compte de mes sensations alimentaires, dont la satiété, mais aussi la distinction entre "faim réelle" et "envie de manger sans faim" ...




*** L'explication que j'ai pu trouver à ces deux situations plutôt nettes est la suivante :


u  Lorsque je suis seule, trop manger ne me pose pas de réel problème. D'accord, je risque de me sentir nauséeuse, de ne pas pouvoir faire grand chose sinon rester assise devant la télé ou mon écran d'ordinateur ... Mais cet inconfort physique n'est pas trop gênant puisque je n'ai pas besoin d'être au top de ma forme. Je suis seule, donc peu importe que je sois légère et pétillante ou pas. Je suis seule avec moi-même, personne ne me voit, pas de comptes à rendre ...

u Lorsque je ne suis plus seule, tout change ! L'inconfort physique entraîné par mes excès alimentaires compromet ma relation aux autres. Si je suis lourde et nauséeuse d'avoir trop mangé, je ne serai pas vraiment présente auprès des autres. Je serai absente, distraite, peu dynamique. Je redoute de me retrouver ainsi, diminuée.

Pour que cette situation ne se produise pas, je dois donc respecter mes sensations alimentaires. Je me prends alors à ne pas manger si je n'ai pas vraiment faim. Anticiper le repas suivant ("ce soir, on dîne chez les parents de mon copain, il faut que j'aie faim, donc je vais éviter de me goinffrer d'ici-là ..."). Et surtout, toujours veiller à ne pas manger au-delà de ma faim.

Si pendant longtemps je supportais de manger énormément et sans trop de désagréments (autres que la prise de poids), maintenant mon estomac est devenu très délicat. Si je mange trop, je serai presque à coup sûr malade ... Et je redoute par-dessus tout d'être malade chez les gens, encore plus lorsqu'ils m'ont invitée à manger ...


Cela n'a peut-être l'air de rien, mais dans ces moments-là, où je dois faire avec la présence des autres (surtout quand elle est quotidienne, avec mon copain par exemple), je réalise à quel point je me néglige le reste du temps. À quel point j'ignore mes véritables besoins. À quel point je suis vite rassasiée, et donc comme je mange trop chaque jour, bien trop ...

Je réalise que je ne me respecte pas en temps normal, lorsque je pense être la seule à en pâtir. Mais dès lors que le regard des autres se pose sur moi, je m'oblige à faire les efforts qui me permettront de me sentir "bien" physiquement (ou en tout cas, le mieux possible ... même s'il y a encore du chemin à parcourir) ... Pourquoi ne puis-je le faire constamment ?

Cette prise de conscience est particulièrement intéressante et importante, je trouve. ll fallait que je la mette par écrit, même si elle manque sans doute de clarté ... Mais l'écrire, afin de pouvoir y revenir ...


Photo : Sage Salzer (taille 44) de l'agence Wolf Model

Publié dans Sans régime !

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Odile 04/09/2006 22:14

Maybe, voilà qui est fort intéressant :-) Mais on ne s'y trompe pas, l'expression "professionnelle" est reconnaissable ;-) Travailles-tu sur un projet particulier à ce sujet ? Peut-être aussi envisages-tu une spécialisation relative à ce domaine ? En tant que future collègue, et actuelle étudiante, cela m'intéresse et attise ma curiosité :-)

maybe 02/09/2006 18:12

En effet, je suis en master psychopatho et psychanalyse :-)
Et aussi intéressée de près par le sujet.
Bon courage à toi.

Odile 01/09/2006 22:22

Fruit, je suis contente que mon blog puisse t'apporter un petit complément en parallèle de ta re-lecture de Maigrir sans régime :-) Ce livre est réellement intéressant, mais comme toi je ne trouve pas facile de comprendre ... et même lorsqu'on a compris (ou qu'on pense tenir une piste, en tout cas), c'est encore une autre histoire de savoir comment agir, comment changer ... Merci pour tes visites chaque fois :-) Maybe, après relecture de ton message petit mais concentré en info, je suis tout à fait d'accord avec toi ;-) Ne serais-tu pas dans des études plus ou moins psychologiques ? ou du moins fortement intéressée/renseignée sur le sujet ? Il ne me semble pas que tout le monde connaisse et puisse donc faire référence au Moi-peau de Didier Anzieu ;-) Merci pour le conseil du bouquin, c'est certainement très intéressant puisque écrit par le si grand spécialiste qu'est Jeammet ... J'ai d'ailleurs regardé une des conférences qu'il avait donnée à ULM l'an dernier me semble-t-il, très intéressante :-) Zoelie, je suis tout à fait en accord avec le facteur que tu ajoutes à la situation. Je n'en ai pas parlé, d'une part pour ne pas trop "charger" ce que j'ai écrit, et d'autre part parce que j'avais aussi un peu "oublié cet aspect sur le moment ;-) Mais ça c'est clair, je l'ai déjà perçu plusieurs fois : j'ai beaucoup moins faim avec certaines personnes ... et particulièrement avec mon copain, sans doute parce qu'il me "remplit" à bien des égards, et qu'en sa présence je n'ai pas besoin ni spécialement envie de manger pour combler un manque ... vu qu'il n'y a pas de manque ... Thulip, j'adhère à ton analyse de la situation, et je crois aussi que mon regard sur moi-même est bien souvent plus vif et critique, encore plus lorsque je prête aux autres des pensées qui sont en fait les miennes ... je projette, et j'en ai (plus ou moins) conscience ... Je comprends aussi ce que tu exprimes vis-à-vis de l'image, le fait qu'on puisse te dire et te trouver belle, sans que cela change forcément l'image que tu as de toi (mais cela peut l'adoucir ...). Je te remercie pour tes bons voeux ;-) Hélène, il y a certainement un manque d'estime quelque part, parfois compensé par un excès d'estime, genre "je le vaux bien" (pas bien méchant) ;-p C'est peut-être aussi, dans ce manque d'estime, la peur de décevoir ce que j'imagine être les attentes de mes proches, à commencer par mes parents ... Ahlala, les histoires de psycho ! lol