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Sans régime !

Lundi 31 juillet 2006
À bas préjugés et idées reçues !

Je comprends tout (ou presque) ce qui circule : notre société, nous, ne sommes pas au clair avec le poids, les kilos, les formes, les régimes … Alors reprenons ensemble quelques idées reçues :

« Tu essaies de (te) convaincre que les rondes sont belles parce que tu n’arrives pas à maigrir » : Faux !

Pourquoi, d’abord, chercherais-je absolument à maigrir ? Suis-je condamnée à être malheureuse tant que je n’aurai pas perdu 10kg ?

Il me semble bien dangereux de tout miser sur le poids … D’autant plus que les kilos ne font pas tout, et que c’est une silhouette que l’on voit au premier abord, pas un poids sur une balance.

Si j’ai envie de montrer de jolies rondes, c’est d’abord parce que je les trouve jolies, pardi ! Pas besoin de m’en convaincre.

C’est aussi, ça c’est vrai, pour m’aider à accepter mes rondeurs. Mais en aucun cas pour prouver que les rondes sont mieux que les minces. Ce serait stupide, et voué à l’échec d’ailleurs, parce que ronde ou mince, ce n’est pas ça qui fait de nous quelqu’un de beau. Et puis comme on n’arrête pas de nous seriner qu’ « il faut maigrir », j’ai envie de montrer que non, pas forcément. En tout cas pas pour être plus belle.



« Ceux qui sont gros, c’est par manque de volonté et parce qu’ils ne se surveillent pas » : Faux !

Il y a toutes sortes de raisons qui font que l’on est gros (ou ronde, ou maigre d’ailleurs).
Pour ce qui est du surpoids, il faut savoir que certains sont programmés pour être ronds. Ce n’est pas forcément parce qu’ils se goinfrent à longueur de journée. Un peu de respect et de compréhension pour ces personnes (comme pour chacun) ne ferait pas de mal … au contraire.

Il y a ceux, aussi, qui ont grossi. Bien sûr, il pourraient peut-être maigrir s’ils ne mangeaient qu’à leur faim (et pas forcément des légumes et du poisson bouilli). Mais je rappelle l’existence des « troubles du comportement alimentaire » (TCA), et du fait qu’il n’est pas là question de volonté, mais de ressorts psychologiques que l’on ne saurait juger ni régler par un « suffit de faire attention et de pas te resservir ».

Notons, au passage, que « se surveiller, faire attention », sont des conduites qui relèvent de la restriction cognitive1. La restriction cognitive en question est hautement toxique, et n’est que renforcée par les régimes de tous bords. C’est aussi elle qui amène à se jeter plus tard sur ce qu’on s’était interdit de manger (ou de ne « pas trop manger »).

Quant à la question des maladies (telles que le diabète, trop de cholestérol …) nécessitant un régime particulier, on constatera d’une part que cela ne concerne pas tout le monde, et d’autre part que les personnes concernées ne sont pas amenées à effectuer un régime amaigrissant, mais à adopter un régime alimentaire plus précautionneux. Ce n’est pas la gloire des régimes amaigrissants pour autant. Et ceux qui souffrent de telles maladies ne sont pas toujours des goinfres, ne confondons pas tout.


« Faire un petit régime, ça ne peut pas faire de mal voyons ! » : Faux !

Le régime, qu’il soit « petit » ou « équilibré », que sais-je encore, n’est jamais anodin ! La plupart du temps, il est entamé sans aucune raison médicale (et quand bien même, la pression des médecins est souvent exagérée), mais parce qu’on déclare qu’on a « des kilos en trop ».

Là encore, il s’agirait de savoir ce qui nous fait dire ça. Pointer le bout de gras des fesses en guise de justification est irrecevable. Il ne s’agit que rarement de kilos « en trop », mais bien de kilos « normaux ». Demandez à ma copine qui a tellement maigri qu’elle n’a plus de fesses et se fait mal quand elle s’assoit ! Après, on peut avoir plus ou moins de gras aux fesses, au ventre, aux cuisses, etc. Inutile de comparer avec votre copine, chacune sa morphologie.

Quand bien même le médecin vous dirait « il faut maigrir ! », je serais vous, je me méfierais. Il est médecin ? Oui, et alors ! Il sait de quoi il parle ? Qu’en savez-vous ! Les médecins font autant partie de la société que leurs patients, il n’y a pas de raison qu’ils échappent au discours sur l’indispensable minceur !

Et puis regardez le médecin qui vous dit qu’ « il faut maigrir » : a-t-il vraiment des mensurations de rêve, la taille mannequin ? Même quand c’est le cas, qui vous dit qu’il est en bonne santé, qu’il ne passe pas son temps à se restreindre comme il aimerait que vous le fassiez ? Soyons raisonnables … et critiques !

On commence par un petit régime pour perdre 3kg. On reprend 5kg. Et à ce rythme là, dix ans plus tard, on est dépressif, dégoûté, et on pèse (facilement) 20kg de plus. Ou alors on se bat continuellement pour « ne pas craquer » et résister à tout ce qui nous fait envie. Super !

J’ajouterai, pour ce qui est des raisons médicales poussant à maigrir, ce que dit en substance le Dr Gérard Apfeldorfer2 : Il n’est pas certain que maigrir améliore notre état de santé. Et il est bien plus dangereux de faire le yoyo que de rester stable à un poids élevé. Voilà qui donne à réfléchir.


« Les rondes ont forcément une grosse poitrine » : Faux !

Je vous l’accorde, les mannequins « grande taille » que je vous présente ne sont pas choisies seulement pour leur taille de pantalon dépassant le 40 et leur joli minois. Pour être mannequin grande taille, il faut aussi en avoir dans le bonnet.

Soit, après tout ce sont des mannequins. N’empêche que je voudrais rectifier l’idée qui veut que « les rondes peuvent se consoler : elles ont peut-être de grosses fesses, mais elles ont aussi de gros seins ». Eh bien non, moi j’ai peut-être de grosses fesses, mais les seins sont assurément petits ! Et quand je dis petits … c’est petit ! (du reste, je ne m'en plains pas).

Bon, on pourrait en parler longtemps … Reste que la ronde n’est pas forcément poitrinaire ! De même que la ronde n’a pas forcément le fessier très adipeux et les jambes flasques. Etre ronde, c’est sans doute avoir des formes, mais pas forcément partout – d’où la tendance à qualifier Laetitia Casta de ronde).


Sans oublier qu'avoir une grosse (ou une petite) poitrine n'est pas toujours bien vécu par les principales intéressées, alors on se garderait bien des lieux communs se voulant rassurants !



Je m’arrêterai là pour les idées reçues. Si vous avez des questions, si vous aimeriez que je parle d’un point particulier, n’hésitez pas à m’en faire part !


Et terminons par un coup de gueule !

Le magazine Elle de cette semaine. Ou plutôt, soyons précise, l’article « On s’aime en ronde ! Etre sexy avec ses kilos » :

Les « un peu rondes », comme Elle dit, n’ont pas toujours seulement 3kg de « trop » (et par rapport à quoi, d’ailleurs ?). La rondeur semble même difficile à définir ! Certaines se disent rondes en pointant les 2mm de peau qui sortent des leur 36/38 … Tandis que d’autres au généreux 56 se réclament également de la rondeur. Soit dit en passant, et si l’on s’en réfère à la forme géométrique, qui des deux sus-citées y ressemble le plus ? Bon.

À la limite, il semblerait qu’être ronde soit surtout une façon de se définir en opposition aux minces. Mais là encore, être mince semble se définir différemment d’une personne à l’autre. Pour certaines, avec mon 42/44 (plutôt 44) je suis une grosse (parce qu’être grosse, pour elles, c’est à partir du 38/40), tandis que d’autres me contestent l’appellation de « ronde » et me classent parmi les « normales », voire « minces » (mais n’exagérons rien).

Après, faut voir aussi dans quel milieu on se retrouve. D’accord, si je vais sur un site spécialisé pour les rondes, et que je lis pas mal de « moi je fais un 56 et j’arrive pas à me laver les pieds », je vais me sentir plutôt mince finalement, et heureuse de mon sort (j’arrive à me laver les pieds).

Maintenant, mettez-moi dans l’école que je fréquente actuellement, dans une classe « mannequin » … Où seules deux filles sont plus volumineuses que moi … Où beaucoup se plaignent de fermer difficilement leur 36, et où les mini-jupes très bien portées poussent aussi facilement que les pâquerettes … Je me sens nettement moins « normale ». Tout est question de milieu. Et de discours tenu.

Qu’en pense mon copain dans l’histoire ?
« Et moi, je suis ronde ou mince, ou quoi ? »
« Toi, t’es Odile ! »

Photo : Natacha, vue dans l’émission « J’ai décidé de maigrir » (revu et corrigé par « j’ai décidé de m’aigrir » par Gérard Apfeldorfer dans l’une de ses chroniques).


1 Sur la restriction cognitive, et sur bien d'autres choses : www.gros.org

2 Dr Gérard Apfeldorfer, médecin psychiatre et co-fondateur du G.R.O.S (Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids). À lire : "Maigrir, c'est dans la tête" aux éditions Odile Jacob. Et "Maigrir sans régime" de son confrère Jean-Philippe Zermati
Par Odile
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Mercredi 2 août 2006
Après l’article de ELLE sur les fausses rondes (à tendance vraie maigres) sur lequel je reviendrai quelques instants à la fin, je me suis posé une question qui me taraudait depuis quelque temps : Pourquoi ne pas créer un journal, un magazine papier « pour les rondes »1 ?

Avec des photos de *vraies* rondes, de toutes sortes, de toutes tailles, de tous styles … mais des rondes, pas des anorexiques ayant pris 30g en grignotant un morceau de gruyère !

(Loin de moi l’idée de moquer les anorexiques, au contraire … mais qu’on arrête de faire passer des choses pour ce qu’elles ne sont pas … ça confinait au ridicule, mais ça devient franchement agaçant !)


N’empêche … l’idée d’un tel magazine m’embête un peu. Et pourtant un petit quelque chose me séduit tout de même. Pourquoi cette ambivalence, pourquoi suis-je partagée ?


*** Pour les aspects positifs, je me dis que ce serait agréable d’avoir droit à un magazine qu’on ne craigne pas d’ouvrir de peur de trouver des injonctions à maigrir (plus ou moins habilement déguisées, parfois franchement assumées) ou encore des adresses de boutiques qui ne vont pas au-delà du 40/42 (sachant que dans certains magasins, je me sens même mal de chercher un 42 qui se fait toujours attendre … alors ne parlons pas du 44 qui n’arrive jamais …).

Je me dis aussi qu’un magazine pour les rondes pourrait permettre de déculpabiliser pas mal de personnes, de véhiculer une certaine idée du bien-être et de l’acceptation de soi (tout entier(-ière) …) faisant fi des régimes amaigrissants … Bref, de promouvoir, via un média dont les femmes sont souvent friandes (mais à l’égard duquel certaines deviennent méfiantes), un état d’esprit, un style de vie différents de ceux qu’on nous présente aujourd’hui comme une quasi dictature à laquelle même l’Etat se met à participer à travers le Programme National de Santé Publique …

Et puis je me demande encore comment personne n’a pu songer à créer un tel magazine, compte tenu du nombre de personnes rondes qui se laisseraient certainement tenter : d’un point de vue froidement économique, j’avoue ne pas comprendre !


*** Pour les aspects négatifs, l’image d’un petit ghetto des ronds me vient à l’esprit … L’idée que cela ne ferait peut-être que renforcer les différences, les a priori … Encore que cela dépende beaucoup de la façon dont les choses seraient présentées ! Peut-être que les rédacteurs en chef potentiels n’ont pas encore su cerner quelle ligne éditoriale adopter … ? Je me pose tout de même la question, et plutôt deux fois qu’une comme vous pouvez le constater !

À me poser la question, j’en viens aussi à me révolter toute seule, pas tout à fait le poing levé mais presque, et à vociférer qu’il serait tellement plus simple de ne pas scinder la presse féminine, mais plutôt d’offrir la place qu’elles méritent aux rondes de tous bords ! Que diable, est-ce si compliqué ? Ah oui, j’oubliais … il y a tout un business derrière, les journalistes ne sont pas si libres que ça d’écrire … Les petits voyages et autres avantages influencent pas mal les idées … Ou c’est vraiment des idées que je me fais ? ;)

N’empêche, je ne peux pas m’empêcher d’en vouloir aux magazines féminins qui savent pertinemment combien ils ont de lectrices rondes, et qui préfèrent se moquer d’elles et toujours tenter de les pousser vers le gouffre des régimes (et de bien d’autres choses, mais ne dévions pas) afin de satisfaire leurs propres intérêts avant tout … Conscience professionnelle, où es-tu ???

Alors bien sûr, un petit article faussement révolutionnaire et rebelle de temps en temps, histoire de faire croire qu’on écoute et prend en compte tout le monde, et qu’on n’est influencé par personne … et ça repart de plus belle ! Régimes « raisonnables » (ou pas, d’ailleurs), crèmes amincissantes, nombre de calories brûlées, recettes minceur, gélules drainantes … et allons-y gaiement !


« Et ça continue encore et encore … »

Concernant l'article de ELLE auquel j'ai fait allusion avant-hier : C'est bien gentil (et c'est au moins à l'honneur de ELLE) de citer le Dr Apfeldorfer et ses principes pleins de bon sens ... Mais si c'est pour les replacer dans un tel contexte, dans un tel article, ça frise l'absurdité (je rectifie : c'est absurde !).


Photo : Casey de l'agence Hughes Models ... Taille 42/44


1 Il parait qu'il existe un ou des magazines pour les rondes dans certains pays ... Le saviez-vous ? À quand un magazine international traduit en 16 000 langues ? ;-p
Par Odile
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Dimanche 6 août 2006


Bon voilà, il faut que je vous explique mon dilemme, et ce qui m’énerve à la fois
(on dirait pas comme ça, mais plein de trucs m’énervent !) :


Au régime ou ogresse !

Dans certains domaines, c’est à croire que seul un raisonnement binaire est possible (et quand je dis binaire, je devrais dire manichéen). Pourquoi en est-il ainsi ? Peut-être pour éviter de se poser trop de questions, et pouvoir donner une réponse stéréotypée à chaque situation qui se présente.

Ainsi, on assiste souvent à un net classement des femmes : d’un côté, celles qui sont au régime ; de l’autre, celles qui, n’y étant pas, ont forcément un appétit d’ogre et peuvent tout engloutir sans problème.

Je force le trait ? Bon, un peu, mais à peine, je vous assure ! J’ai plein d’exemples, et c’est bien ça le problème. Sinon je n’en parlerais même pas.  Je sais que d’autres préjugés ont la dent dure dans ce domaine, mais je parle de ce qui me touche particulièrement, et de ce que je constate très fréquemment.

Ce qui m’énerve dans cette dichotomie, c’est qu’on ne peut même plus se positionner ailleurs que dans les cases. Et quand on tente de le faire, on passe un peu pour une enquiquineuse qui a décidé de contredire tout le monde, ou pour une spéciale qui voudrait se démarquer. Il semble rarement venir à l’idée des catégoriseurs que l’on souhaite juste rétablir sa propre vérité, la situation dans laquelle on se trouve et qui ne rentre pas forcément dans les petites cases.

Bien sûr, quantité de filles sont au régime dans mon entourage (ou « font attention », ce qui revient au même). Mais les quelques-unes qui s’en tiennent éloignées ne sont pas toutes des goinfres ou des estomacs sans fond !


Finalement, il faudrait que j’ajoute une case afin de mieux rendre compte du classement souvent effectué :


- Soit une fille est au régime (qu’elle soit mince ou grosse)
- Soit une fille est une goinfre (surtout si elle a de l’embonpoint)
- Soit une fille a un appétit léger ou fluctuant (mais c’est rare, et seulement pour la très mince ou la maigre - elles ont forcément un petit estomac, ce sont des choses fragiles)



Ce que je n’aime pas, dans ce climat qui confine parfois à la suspicion généralisée, c’est qu’on semble ne pas avoir le droit d’avoir plus ou moins faim selon les jours, selon les heures. Bref, on dirait parfois qu’il faut toujours avoir bon appétit, ou bien se restreindre constamment.

Cette réflexion ne me serait sans doute pas venue à l’esprit avant, mais depuis quelque temps que j’ai cessé les régimes, je réalise toutes les questions et réflexions auxquelles j’ai droit quand, par malheur, je n’ai plus faim pour le dessert, ou que je ne souhaite pas reprendre du gratin une deuxième fois …


« T’es au régime ? » « T’es malade ? » « C’est pas bon ? »

Voilà les trois seules possibilités. Si je ne suis pas au régime, c’est sans doute que je suis malade. Et si vraiment ce n’est pas ça, je dois certainement ne pas aimer le plat pour ne pas en vouloir à nouveau.

Je suis assez ahurie de constater qu’on ne pense même pas à la satiété.
Si je dis que je n’ai plus faim, c’est peut-être parce que c’est vrai … tout simplement !

Mais c’est à croire que cette option est impossible.

Je ne dis pas que tout le monde est ainsi. Mais je remarque très souvent qu’on ne me croit pas, ou qu’on me regarde bizarrement lorsque je dis ne plus avoir faim (surtout quand c’est après avoir mangé « trois fois rien » … parce qu’en plus il faut manger un certain volume, sinon on ne peut que mentir !).

Le pire dans tout ça, c’est que lorsqu’on me croit, on me dit parfois « et alors ? pas besoin d’avoir faim pour manger », « ah mais si on devait attendre d’avoir faim pour manger … », « si on ne mangeait qu’à sa faim, ça serait pas drôle, on ne mangerait rien » …

Bref, des réflexions typiques de la société d’abondance dans laquelle on se trouve. Et pour le coup, je dois vous avouer que ça me scandalise tout autant que ça me fait peur.
Si ne plus avoir faim n’est pas une bonne raison pour arrêter de manger, faut-il que je vomisse sur la table pour en convaincre tout le monde ???



Mon dilemme, l'impasse (?)


Alors bien sûr, si je n’avais aucun problème avec mon alimentation, je trouverais certainement des astuces, et le moyen de manger tranquillement en société, parfois même sans faim ou un peu au-delà, tout en laissant la régulation faire son travail (= en attendant d’avoir de nouveau faim pour manger).

Le problème, c’est que je n’arrive pas encore à manger sereinement et en tenant compte de ma faim et de ma satiété. Du coup, je surmange très souvent, et notamment lorsque je suis seule. Et il m’arrive fréquemment de ne plus avoir très faim lorsque je mange avec les autres. Et je ne me vois pas étaler mes problèmes en disant « je ne peux pas manger beaucoup parce que je me suis déjà bien remplie tout à l’heure » …

Mais il arrive aussi que je n’aie pas trop mangé, que je parvienne à manger à ma faim lorsque je suis seule, et que j’aie le désir de respecter mes sensations … Vient alors un repas avec les autres. Et là, il arrive souvent que je ne puisse pas poursuivre sur la même voie, puisque j’aurai droit aux réflexions citées précédemment : « tu manges rien ! » « t’es malade ? » « tu surveilles ta ligne ? » « allez, tu vas bien en reprendre pour me faire plaisir ! » (la pire celle-là)

Dans ces conditions, comment voulez-vous arriver à quelque chose, comment voulez-vous que j’avance ? Quand d’un côté c’est moi qui me freine, mais qu’une fois prête à me respecter, ce sont les autres qui ne me respectent pas ?

Oui, je crois que c’est vraiment une question de respect … On ne respecte pas les autres, parce qu’on ne se respecte pas soi. Est-il vraiment normal d’infliger ses problèmes aux autres ?!

J’aimerais bien pouvoir manger simplement …


PS : N'ayez crainte, je ne suis pas résignée ni abattue ... mais des fois, je regrette qu'on ne soit même pas aidée par son entourage qui ne comprend pas les enjeux (sans méchanceté, mais c'est presque pire car on n'ose pas se rebiffer du coup ...)
Par Odile
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Lundi 14 août 2006
 
L
es pare
nthèses dans les mots (encore plus dans les titres) ne me plaisent généralement pas.

Pourtant, il me semblait essentiel d'en caser une ici, car en matière de diététique, la diète éthique, si elle est appliquée à la lettre, peut rapidement en perdre une (de lettre) et devenir étique ...

Mais voilà déjà trop de noeuds pour une simple entrée en matière
;-)



Diète + étique = diététique ?

C'est la semaine dernière, ou la précédente encore, que la décomposition de la diététique m'est venue à l'esprit. Je suppose que le jeu de mots a été mainte fois renouvelé, mais pas par moi. Il fallait donc y remédier !

J'étais en train de songer à tout ce que les régimes amaigrissants préconisaient (voire exigeaient, et surtout interdisaient) quand l'idée d'énoncer quelques règles de diète éthique m'est venue.

Sans me lancer dans un cours d'étymologie (que de toute façon je ne maîtrise pas), j'ai trouvé amusante l'apparente formation du mot diététique : une diète étique, qu'est-ce que c'est au juste ?

D'après le Petit Larousse illustré, le premier sens de la diète est une abstention momentanée, totale ou partielle, d'aliments, pour raison de santé. La personne étique, quant à elle, est décharnée, très maigre.

Voilà qui est logique : j'arrête de manger, et je deviens étique : vive la diète étique !


Diète éthique ?

Mais qu'en serait-il d'une diète éthique ? Si l'on ajoute le h, on ajoute des principes moraux en même temps ... Des principes moraux au coeur d'une diète, est-ce vraiment une curieuse idée ? Peut-être pas tant que ça ...

Finalement, à bien y regarder (dans le dictionnaire, notamment), la morale encourage souvent la diète. Partant du principe que la morale est l'ensemble des règles d'action et des valeurs qui fonctionnent comme normes dans une société, on pourrait supposer qu'une morale se glisse sous la diète (ou le régime ...).

Mais une question me turlupine : quelle est la morale d'aujourd'hui ? Quelles sont les valeurs (s'il y en a) qui se cachent sous la diète, le régime ?

Si vous pouvez répondre, si la solution (ou du moins "une solution") s'empare de vous, ou seulement vous taquine ... je suis preneuse ;-)


Vive la pince à linge !

En attendant, je vous livre ma petite leçon de diète éthique sous forme de recette simplifiée :

- Choisir une belle éthique (bien mûre), la trancher finement en savoureuses valeurs

- Prendre une diète, l'examiner sous toutes les coutures (souvent elle est moisie, pourrie, bref obsolète : la jeter immédiatement à la poubelle)

Si vraiment elle s'avère nécessaire, n'en conserver que le meilleur pour soi, et l'utiliser avec parcimonie (exemple : en cas de maladie, suivre les conseils du médecin, tout en s'écoutant soi-même)

- En règle générale, éviter la diète et lui préférer la pince à linge : ultra pratique pour refermer les paquets de gâteaux, et plus efficace à terme que de s'en priver totalement ;-)



NB : Bien sûr, je me suis permis quelques libertés dans l'utilisation des mots, la diète n'étant pas forcément l'équivalent du régime amaigrissant (encore que beaucoup l'emploient de façon similaire de nos jours).

Il est d'ailleurs à noter que la définition de la diète fait état de raisons de santé ... Or, concernant les régimes amaigrissants, l'esthétique prime souvent sur la santé (évidemment, pas pour tout le monde ... mais quand même ...).

Par Odile
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Vendredi 18 août 2006
Tout à l'heure, la chef aperçoit un livre dépassant de mon sac : "vous lisez quoi ?".
Nous voilà parties dans une discussion sur les régimes. Dans mon sac, vous vous en doutez, pas de roman épique, mais Maigrir sans régime du Dr Jean-Philippe Zermati.

Epique à sa manière ... Lyrique aussi ;-)



Lorsqu'on ne m'en parle pas spontanément. Lorsqu'on ne me demande pas mon avis. Lorsqu'on en parle légèrement, j'ai tendance à ne pas en toucher mot. Je ne dis pas ce que je pense des régimes, ou je n'entre pas dans le détail.

Cela m'énerve de disserter sur le sujet, surtout lorsque je sais que mes interlocuteurs seront souvent favorables aux régimes, et me diront qu'eux-même font "attention". (Peut-être est-ce pour cette raison que je me rattrape ici ?)


S
i toutefois on me demande mon avis, je le donne. Mais parfois, ça peut être long. Il y a ceux qui sont déjà sensibilisés à la question, qui ne voient pas que par le régime. Avec ceux-là, la discussion est souvent ouverte, aisée, enrichissante. Mais il y a ceux aussi qui, sans être nécessairement butés, sont convaincus qu'un petit régime ne fait pas de mal, voire beaucoup de bien.

J'avoue avoir parfois du mal à garder tout mon sang froid ... mais je tente de rester calme et mesurée, les propos péremptoires n'étant jamais de très bon amis. Quand même, je ne m'interdis pas un peu d'exaltation de temps à autre, ça maintient en forme à petite dose ;-)



Mon but n'est pas d'interdire les régimes à qui que ce soit, encore heureux que je ne me pose pas en dictateur. Mon souhait est avant tout de faire connaître les risques encourus, et de faire savoir qu'entamer un régime n'est jamais anodin. Je le dis, je l'ai déjà dit, je le répète.

Permettre d'aborder la question de l'alimentation et du poids sous un autre angle (que celui du regime et du terrorisme de la restriction) me tient à coeur. Et quand on aime on ne compte pas, n'est-ce pas ? Alors je ne compte pas mes radotages ;-p



      Alors, pour en revenir à la discussion avec mes collègues : j'ai prudemment énoncé mon soutien à la "sans régime attitude" (rassurez-vous, je l'ai dit autrement ... mais je ne sais plus comment !), puisqu'il me fallait bien expliquer la présence du livre (très haut) sus-cité dans mon sac. Livre, qui plus est, témoignant d'une lecture assidue à en juger par les post-it multicolores et les pages détachées ...

J'ai précisé que le titre promettant de maigrir sans régime était plutôt racoleur compte-tenu du réel objectif de l'auteur, et du contenu. Mais le titre avait déjà marqué les esprit des deux collègues présentes. Vous imaginez, ne faire aucun régime, et maigrir !

C'est pourtant possible (dans certains cas), mais présenter cela comme une méthode miracle revient à considérer qu'il s'agit encore d'un énième régime amaigrissant. Un régime déguisé. C'est fou comme un simple titre peut faire marcher l'imagination ...



L
a difficulté, je trouve, c'est qu'il y a beaucoup à dire sur le sujet. De surcroît, les discussions partent souvent un peu dans tous les sens. Du coup, deux configurations se présentent :

* plein de petites idées sont lancées sans véritable approfondissement, ce qui peut laisser perplexe ou dérouté.

... ou bien ...

* on s'arrête sur une idée bien précise, que l'on discute, ce qui peut s'avérer intéressant mais également limitant ...


J
e réalise bien toute la complexité du sujet, qui déborde largement le seul champ de l'alimentation. Et bien que déterminée et confiante quant à la possibilité d'unifier le tout, j'avoue parfois ne plus savoir où donner de la tête, quel sujet préférer, dans quel ordre aborder les questions, sur quels points insister ...


Peut-être est-ce surtout une question de moment. Puisque chaque moment est différent des autres, alors peut-être faut-il se laisser guider par l'ambiance de l'instant ? ... Tout en restant cohérent dans son discours (et dans sa démarche ... ce qui n'est pas toujours évident !) ...


PS : En ce moment, totale impossibilité d'insérer des photos ... J'espère donc un prochain retour à la normale, qui me permette d'égayer un peu les averses de mots ;-)
Par Odile
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Mercredi 23 août 2006

On connaît la chanson ...


Je rentre des cours / Je suis chez moi, je m'ennuie
--> Je mange !
Les situations sont parfois différentes, mais il s'agit principalement de celles-là.

Pour relâcher la pression, pour m'accorder un moment de détente ... Pour m'anesthésier, "tout oublier" d'une journée fatigante, ou d'un événement frustrant ... Il faut dire que la vie ne manque pas d'imagination pour créer et recréer des situations stressantes.

J'ai mis du temps avant de réaliser que je répondais à une situation de stress. Peut-être ne l'avais-je pas envisagé sous cet angle parce que je déteste le mot "stress". Trop anglais (pourtant j'adore l'anglais, mais pas quand il se substitue au français !), trop récent. Et puis ... encore un mot à la mode ! Quoique ça fait quelques années déjà ... mais quand même ! Ma grand-mère n'aimait pas ce mot (et ne doit toujours pas l'aimer), ça a du m'influencer !

Bref, la logique "je suis soumise à un stress --> je mange", je crois l'avoir vraiment comprise en lisant Zermati (Maigrir sans régime), et Apfeldorfer (Maigrir, c'est dans la tête). D'après mes souvenirs, Jean-Philippe Zermati présente un schéma assez simple (et pertinent, me semble-t-il) qui m'a permis de saisir d'un coup d'oeil ce qui se passait quand j'étais sous le coup d'une émotion un peu vive, ou tout simplement lorsque je rentrais chez moi le soir et que la pression retombait ...

Si je ne mange pas, je fais quoi alors ?


Longtemps, j'ai cherché une activité de substitution, quelque chose à faire plutôt que  manger. Je m'étais même constitué une liste d'activités à faire, où l'on trouvait des recommandations telles que :

- lire un livre, de préférence drôle
- écrire, verbaliser mes émotions et non les manger
- regarder une émission
- me masser ...

Rien n'y a fait. De toute façon, j'élaborais mes stratégies sans grande conviction.
Au fond, je sentais que ça risquait de ne pas marcher, que ce n'étaient pas des solutions adaptées.
Or voilà le coeur du problème : répondre de façon adéquate à la situation. Alors que moi, quelle que soit la situation, l'émotion, je répondais à coup de nourriture (et même de remplissage).

Autre chose a fini par se révéler : je n'avais pas forcément besoin de remplacer une activité (manger) par une autre ... A force de chercher dans l'action, j'étais passée à côté d'une alternative : ne rien faire ! Me poser, me reposer, goûter à l'inaction, à la détente ...

L'idée commence seulement à faire son chemin. Toute la question est de savoir comment l'appliquer, sur le terrain. Quoi faire, concrètement, quand je rentre des cours la tête pleine, avec l'envie de réconfort immédiat, de déconnecter de tout ... sans me tourner invariablement vers le paquet de gâteaux ou de bonbons ! Parce que dans la théorie, c'est très simple, de penser à autre chose, de faire autre chose, ou simplement de se relaxer un instant ... mais sur le moment, ça l'est beaucoup moins !


Alors, comment se relaxer, comment "ne rien faire" sereinement ?

Tout d'abord, je pense qu'il faudrait instaurer une sorte de routine. De même que j'ai pris l'habitude de manger pour n'importe quelle raison (y compris sans raison), il faudrait que je prenne l'habitude de me relaxer avant toute chose, de marquer un temps d'arrêt ... Me relaxer, et voir ensuite ce dont j'ai réellement besoin.

Pour ce qui est de la technique de relaxation, là justement, je suis en recherche !
Je pense que cela se passe sur deux plans minimum, peut-être plus :

u Pour ce qui est du quotidien,  des petits gestes simples peuvent facilement être mis en place. Par exemple, boire une tisane relaxante, utiliser un complexe d'huile essentielles lorsque le stress se fait sentir, adopter des techniques de respiration régulièrement, me masser le soir ...

u De façon un peu plus planifiée, de véritables techniques de relaxation existent. J'ai déjà essayé le yoga pendant un an, et j'avoue avoir vivement apprécié, je ressortais de chaque séance reposée, sereine ... mais je souhaite quelque chose de plus tonique cette année (je n'exclus pas toutefois de m'y remettre un de ces jours). La sophrologie est également à envisager. Ainsi que toutes sortes de techniques diverses ...


Le sport est aussi un bon moyen de réguler son stress (notre prof de psycho-physio nous l'a assuré ! ;-p). À chacun le sport qui lui convient, selon ses envies et ses capacités ! Marcher d'un bon pas, nager quelques longueurs, pratiquer un sport collectif ... Du moment que cela plaît et qu'on ne force pas, cela permet d'évacuer les tensions au fur et à mesure (car tensions accumulées = maxi stress ...)

Il y a 3 ans, je m'étais fixé 1/4 d'heure de rameur par jour, chaque soir en rentrant des cours. Ma foi, cela me faisait un bien fou ! Pendant ce petit temps rien qu'à moi, où toute autre activité était impossible, je réfléchissais à plein de choses, et bien souvent des idées nouvelles me venaient ! C'était donc un temps plus que fructueux ! Bon, j'ai arrêté parce que cela devenait un peu trop tourné vers l'objectif de perte de poids, mais je crois que je gagnerais à rétablir cette pratique, maintenant que j'ai fait évoluer mon état d'esprit.

Bref, cette année, j'ai l'objectif : "gestion du stress" (on croirait un module de formation continue ;-p) ! J'ai bien l'intention de progresser sur ce plan, car c'est tout de même possible ! Grand bien m'en fera. D'ailleurs, reconnaître son stress, c'est déjà un pas de fait (mais on m'a si souvent dit "toi Odile, t'es jamais stressée", que je l'ai peut-être crû !).

À l'abordage ! Je vous tiendrai au courant des évolutions ! ;-)


PS : Sur les photos, d'abord Mary Ann (taille 44), puis Ilse (42), et enfin Doro (42) de l'agence Hughes Models ...



Par Odile
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Dimanche 27 août 2006

Petit retour / suite sur les deux sujets précédents : mon futur sujet de mémoire (à propos des régimes,
du poids ... ou pas ?), et les méthodes anti-stress (ou comment gérer son / mon stress autrement que par la nourriture) ... Tin tin tin ...

Quid du mémoire/thèse : Régime ou pas
régime ?

Tout d'abord, je vous remercie toutes pour vos suggestions :-) Elles m'ont permis de réfléchir encore un peu plus sur ce
que représentait pour moi ce futur mémoire, et sur ce qu'il allait engager ...


Il est certain que j'ai déjà beaucoup réfléchi sur le rapport au poids, l'abord des régimes, etc. Toutefois, je pense être encore trop concernée par le sujet. Je n'ai pas encore suffisamment de distance par rapport à mes propres problèmes pour me lancer dans une telle recherche.

Bien sûr, le sujet m'intéresse, et il n'est pas exclu que je m'y penche plus sérieusement d'ici quelques années. J'aimerais, avant cela, avoir acquis une certaine sérénité à l'égard de moi-même, de mon comportement alimentaire et de mon corps.

Il m'apparaît, pour le moment, que travailler sur le sujet serait trop délicat, car je serais trop sensible à ce que je pourrais découvrir. La démarche personnelle est déjà longue et semée d'embûches. Je crois que la rendre professionnelle serait trop compliqué à gérer.

Pour aborder le sujet aussi bien que possible, je crois qu'il me faut avoir progressé personnellement. Je pense avoir encore plusieurs étapes à franchir, des choses par lesquelles passer. Travail psychologique plus approfondi sur moi-même, travail plus concret sur mon corps, entre autres.

Je crois que le bon moment sera venu, lorsque je pourrai m'intéresser aux questions qui touchent les comportements alimentaires et les régimes (etc) sans me sentir directement concernée. Lorsque je parviendrai à envisager la chose sans penser que je cherche avant tout à me soigner moi-même. Pour cela, j'ai besoin d'aller au bout de ce travail sur moi-même, et de trouver l'équilibre que je cherche toujours ... Comme je ne suis pas trop pressée, comme j'accepte d'aller à mon rythme, le travail professionnel sur la question attendre ... et il suivra, naturellement ... ;-)


Des idées pour me relaxer ... et remplacer le remplissage alimentaire

Je pense que le chapitre est loin d'être clos. Chacun sa méthode, chacun ses idées. Et puis, selon les situations, selon les périodes de la vie aussi, tout cela est amené à se modifier. Chic ! (c'est mon grand-père qui dit ça ;-p)


En tout cas, j'ai songé à quelque chose, pour remplacer la "grande bouffe" quotidienne qui m'apporte plus de désagréments qu'autre chose.

J'ai regardé quels étaient les critères qui orientaient mon choix pour mon "remplissage" :

- L'achat : le plus souvent, c'est un achat immédiat, au supermarché du coin, ou à la boulangerie.
- La qualité : je réfléchis à ce qui me fait envie, je mange rarement "n'importe quoi", il faut que j'aime.
- La quantité : j'en veux beaucoup, plein de nourriture appétissante me ravit, sur le moment.

Bon, énoncer ça ainsi me donne un peu froid dans le dos. Mais si je veux progresser, il faut bien regarder les choses en face. Bref.

Forte de ce constat, j'ai réfléchi à ce que je pourrais faire, qui réponde à ces critères, sans qu'il s'agisse de me remplir de nourriture. J'ai trouvé une idée que j'envisage de tester. Ce serait du temporaire, et elle vaut ce qu'elle vaut. Mais si cela peut m'écarter des orgies alimentaires, ma santé a toutes les chances d'apprécier. Mon confort aussi. Voyez donc :

J'aime lire, et je regrette souvent de ne pas lire plus. Lorsque je lis, ce sont (trop) souvent des livres pour mes cours, intéressants mais qui ne correspondent pas toujours à mes envies.

Mes envies de lecture sont assez diverses, et changeantes selon les jours. Un jour, j'aurai très envie de lire un roman noir. Le lendemain, ce sera un magazine léger. Le surlendemain une nouvelle irlandaise.

Plutôt que d'engloutir une nourriture dont je n'ai physiquement pas besoin, je me propose de me remplir de lectures. Ce sera joindre l'utile à l'agréable, puisqu'en évitant la nourriture, je pourrai lire ce qui me fait envie (et dont je dis souvent "si seulement j'avais / je prenais le temps").


En outre, cela peut tout à fait répondre aux critères décortiqués plus haut :


- L'achat : je peux tout à fait acheter un magazine en rentrant du boulot. Ou un bouquin. Ou piocher dans ma bibliothèque, comme je pioche dans le placard à gâteaux.

- La qualité : comme pour la nourriture, je peux réfléchir à ce qui me fait envie, et choisir dans les rayons ce qui correspond à mon envie du moment ...

- La quantité : je peux choisir un bouquin énorme, ou plusieurs petits ... éventuellement (après, comme pour la nourriture, il y a une limite financière à laquelle il faut bien se plier).

Comme vous le voyez, ce n'est pas une méthode applicable des années entières. D'un point de vue financier, cela peut paraître difficile à tenir. Mais quand on y réfléchit, la nourriture coûte cher aussi ! L'argent mis dans les paquets de gâteaux peut tout à fait être transféré aux lectures.

Il va de soi que j'aimerais parvenir à un système plus souple. Et moins 'obsessionnel'. Parce que là, c'est encore du remplissage. Mais ça peut aussi m'aider à aborder ce remplissage différemment. Quand je lis, même vite, je peux avoir plus de recul que lorsque j'enfourne de la nourriture ...

Evidemment, me tourner vers la lecture comme présenté ici, ne correspond pas à une "simple" activité lecture telle que je pouvais me le proposer avant (et qui ne m'attirait en rien).
Ce système n'est susceptible de fonctionner que s'il m'apporte des satisfactions proches du remplissage de nourriture ... C'est pourquoi, je bannis d'emblée les sursauts de perfectionnisme.

Non, je ne tenterai pas de lire Proust. Ni le dernier numéro de Sciences Humaines que je peine à sortir de son emballage plastique ... Un jour, peut-être, mais pas comme activité "plaisir et détente" ! Et si j'ai envie de lire un magazine où on parle des grosses fesses de Mariah Carey, je le ferai ! Même si c'est nul, même si moi aussi j'ai de grosses fesses ;-p


PS1 : Pour que cette "routine magazine" (ou autre lecture !) soit un vrai moment relaxant, je prévois de l'accompagner d'un petit thé ou d'une infusion parfumée, à déguster tranquillement alanguie sur mon canapé ;-)

PS2 :
Sur les photos ... Casey (taille 42/44), Daisy (42/44), et Melissa (44), de l'agence Hughes Models (hughe beauty surtout ;-p)
Par Odile
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Mercredi 30 août 2006

Déjà deux semaines que je souhaitais faire la remarque qui va suivre, et puis les jours ont passé ... Finalement je me décide, peut-être parce que la remarque est particulièrement pertinente ce soir ...



*** Je m'étonne d'être confrontée à deux états assez différents, jusque dans ma façon de me sentir ... Je m'explique :


u  Lorsque je suis seule, je mange quasiment toujours trop. C'est à dire bien au-delà de ma faim, sans même en tenir compte, en fait ... Je mange pour me remplir, pour m'adoucir l'esprit, pour oublier, pour m'anesthésier après une dure journée, que sais-je ...

u  Lorsque je suis avec les autres, je fais bien plus attention à mes sensations. Je me rends compte alors assez rapidement que je suis rassasiée, et je tiens bien plus compte de mes sensations alimentaires, dont la satiété, mais aussi la distinction entre "faim réelle" et "envie de manger sans faim" ...




*** L'explication que j'ai pu trouver à ces deux situations plutôt nettes est la suivante :


u  Lorsque je suis seule, trop manger ne me pose pas de réel problème. D'accord, je risque de me sentir nauséeuse, de ne pas pouvoir faire grand chose sinon rester assise devant la télé ou mon écran d'ordinateur ... Mais cet inconfort physique n'est pas trop gênant puisque je n'ai pas besoin d'être au top de ma forme. Je suis seule, donc peu importe que je sois légère et pétillante ou pas. Je suis seule avec moi-même, personne ne me voit, pas de comptes à rendre ...

u Lorsque je ne suis plus seule, tout change ! L'inconfort physique entraîné par mes excès alimentaires compromet ma relation aux autres. Si je suis lourde et nauséeuse d'avoir trop mangé, je ne serai pas vraiment présente auprès des autres. Je serai absente, distraite, peu dynamique. Je redoute de me retrouver ainsi, diminuée.

Pour que cette situation ne se produise pas, je dois donc respecter mes sensations alimentaires. Je me prends alors à ne pas manger si je n'ai pas vraiment faim. Anticiper le repas suivant ("ce soir, on dîne chez les parents de mon copain, il faut que j'aie faim, donc je vais éviter de me goinffrer d'ici-là ..."). Et surtout, toujours veiller à ne pas manger au-delà de ma faim.

Si pendant longtemps je supportais de manger énormément et sans trop de désagréments (autres que la prise de poids), maintenant mon estomac est devenu très délicat. Si je mange trop, je serai presque à coup sûr malade ... Et je redoute par-dessus tout d'être malade chez les gens, encore plus lorsqu'ils m'ont invitée à manger ...


Cela n'a peut-être l'air de rien, mais dans ces moments-là, où je dois faire avec la présence des autres (surtout quand elle est quotidienne, avec mon copain par exemple), je réalise à quel point je me néglige le reste du temps. À quel point j'ignore mes véritables besoins. À quel point je suis vite rassasiée, et donc comme je mange trop chaque jour, bien trop ...

Je réalise que je ne me respecte pas en temps normal, lorsque je pense être la seule à en pâtir. Mais dès lors que le regard des autres se pose sur moi, je m'oblige à faire les efforts qui me permettront de me sentir "bien" physiquement (ou en tout cas, le mieux possible ... même s'il y a encore du chemin à parcourir) ... Pourquoi ne puis-je le faire constamment ?

Cette prise de conscience est particulièrement intéressante et importante, je trouve. ll fallait que je la mette par écrit, même si elle manque sans doute de clarté ... Mais l'écrire, afin de pouvoir y revenir ...


Photo : Sage Salzer (taille 44) de l'agence Wolf Model
Par Odile
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