Je ne suis pas un tronc !

J'ai une déclaration à faire, car décidément je crois que l'on ne m'a pas encore bien regardée : je ne suis pas un tronc ! Ni un tronc d'arbre, ni un tronc de corps humain, rien de tout ça !
A vous, cela semble sans doute évident, mais j'avoue que je me pose des questions : lorsque je vois les fringues dans les magasins, et ce que ça rend sur moi, je me demande si l'info est bien passée, si les stylistes des magasins de prêt-à-porter sont au courant !
Pourquoi m'imaginer qu'on me prend pour un tronc d'arbre (épais, de préférence) ?
Je vous explique : cela fait de très (...) très nombreuses fois que, voyant un pantalon qui m'attire dans les rayons, je décide, toute courageuse que je suis, d'aller l'essayer en cabine ! Je ne me fais pas trop d'illusion, mais je ne peux pas m'empêcher d'être pleine d'espoir ...
Et puis voilà, je me fais encore avoir ! A chaque fois, ou presque. J'enfile le pantalon, et comme pour beaucoup, cela passe très bien jusqu'aux genoux, voire jusqu'à mi-cuisses, parfois même jusqu'en haut des cuisses lorsque je suis chanceuse ... mais rarement au-delà, impossible d'y faire entrer mes fesses, et encore moins de pouvoir fermer la fermeture éclair et/ou ces jolis boutons nacrés (parfois, c'est beau un bouton nacré) ...
Souvent, je prévois le coup, et j'emporte deux tailles à essayer : le 42 et le 44. C'est encore ce que j'ai fait la dernière fois, chez Caroll (Hélène m'avait suggéré de m'y rendre pendant les soldes ... je m'en suis souvenu !). Il faut croire que je suis taillée bizarrement, ou que je n'avais vraiment pas de chance : le 42 était trop juste, le 44 bien trop grand ! Du coup, je suis repartie bredouille, un peu déçue de ne pas avoir pu faire l'acquisition d'un joli pantalon bien coupé. Bon là en fait, je mélange un peu tout. Chez Caroll, ils ne semblent pas prendre les femmes pour des troncs. Il n'y avait juste pas ma taille (un 43 ?).
Par contre ... je suis allée au Monoprix, et là j'ai essayé plusieurs pantalons : à chaque fois, le pantalon était taillé de telle façon que j'aurais dû être moi-même un tronc d'arbre ! Les jambes droites sans place pour des cuisses élargies (bon, on appelle ça la culotte de cheval ?), des hanches dodues, un ventre repu ... Tout semblait devoir rentrer dans deux baguettes. Peu importe la taille des baguettes, que ce soit un 36 ou un 46, on élargit simplement la taille des baguettes, sans ajuster au niveau de la taille, sans élargir au niveau des hanches ...
Bref, ce jour-là, dans la cabine d'essayage du Monoprix, je me suis entendue m'exclamer : "Mais je ne suis pas un tronc d'arbre !" ... Quand prendra-t-on réellement en compte (toutes) les morphologies des femmes ? D'accord, le fait que ce soit du prêt-à-porter rend les coupes difficilement personnalisables ... mais ça me fait mal de penser qu'il faudrait que j'aille me faire tailler des fringues (pantalons, en fait) sur-mesure sous prétexte que je n'ai pas des formes qui plaisent aux stylistes !
Décidément, il est bien dommage que cela soit si long de faire des vêtements ... sinon je peux vous dire que ça fait bien longtemps que j'y serais passée ! (je ne perds pas l'idée de vue, cela dit ... mais peut-être que le jour où j'aurai plus de temps, ou plus de motivation, je n'en aurai plus besoin ? bon, ne comptons pas trop là-dessus, et révoltons-nous encore un peu !)
Photo : http://www.florelaurentienne.com