Je suis grosse ... et j'aime ça ! (mais moi, j'ai de petits seins !)
C'était un jour où j'avais envie de de bouquins. Après en avoir acheté un sur la dépression à la librairie du coin, j'aspirais assez logiquement à un peu plus de légèreté.Je suis allée dans une autre librairie. Plus énorme et plus connue, on va dire. Ne me tapez pas dessus, j'avais envie d'un bouquin qui parle de régimes ... mais pour les casser en deux ! Enfin peut-être même pas. J'avais surtout repéré la sortie du bouquin de Julie Andrieu, Mes secrets pour garder la ligne ... sans régime. Vous vous doutez bien que le "sans régime" n'a pu faire autrement que d'attirer mon oeil et mon intérêt par la même occasion.
Mais en le feuilletant, certes un peu rapidement, je n'ai pas été tentée pour le moment. En effet, j'ai aperçu des conseils concernant les aliments à privilégier, des choses qui se rapprochaient de "ne vous reservez pas" même si j'en suis pas sûre ;-) Et puis des recettes à la fin, et je vous avoue que, je ne sais pas pourquoi, mais quand je vois des recettes à la fin d'un livre, ça me rebute ! Parfaitement !
Alors, vous demanderez-vous peut-être, pourquoi ai-je quand même acheté un livre qui en comporte (Je suis grosse ... et j'aime ça) ? Parce que les recettes font partie de l'humour du bouquin ! Bah oui, ça s'intitule : "Des recettes pour grossir". Rien que ça, et j'ai le sourire aux lèvres. Ainsi, on peut se lancer dans des préparations telles que la pâte brisée charcutière au saindoux, ou le gratin de pâtes aux cinq fromages ! Je vous le disais, un vrai plaisir, car même si l'on n'entend pas cuisiner ces recettes, leur simple lecture est un moment d'humour à elle toute seule !
Je n'en ferai pas des tonnes, mais ce livre m'a fait passer un excellent moment. L'humour est omniprésent et très bien maîtrisé, l'écriture fluide ... Tant et si bien que les 157 pages filent très vite, bien trop vite. Allez, je pense qu'il n'en fallait pas plus, finalement. Le message est très bien passé, et au moins on ne s'en lasse pas. À relire 2 ou 3 fois ensuite sans risque d'excès ;-)
Et ce que je trouve de formidable, c'est qu'en lisant enfin un tel bouquin où tout se dit sur le ton de la plaisanterie, les messages d'acceptation de soi deviennent limpides, et je trouve qu'on se les approprie beaucoup plus aisément, sans forcer, sans se sentir contraint d'adhérer à des idées de "vie saine", ou d'"hygiène de vie indispensable" qu'on nous présenterait même avec humour ...
Avec ce bouquin entre les mains, on se marre, on pense à soi et à ses ridicules, on dédramatise, et on a envie de prendre la vie plus légèrement, côté pensées à défaut de corps allégé ;-)
On se laisse embarquer d'autant plus facilement que le livre est truffé de références à des personnages publics qu'on connaît, à des articles de magazines féminins qu'on a toutes lus ou dont on a entendu parler (la fameuse Une de ELLE avec Alice Taglioni, digne représentantes des femmes rondes, par exemple !). D'ailleurs, comme Caroline et ses Pensées de ronde, Yaël Cojot-Goldberg n'hésite pas à pousser un grand cri d'agacement par écrit, contre ces inepties qu'on nous livre à longueur d'année et de magazines féminins !
Tout est parfait, me direz-vous ? Oui ... mais non ! Je dois quand même dénoncer un cliché qui a drôlement la dent dure, que j'en ai marre d'entendre ou de lire, et que j'ai malheureusement retrouvé dans ce bouquin, que j'ai adoré, ça n'empêche pas :
Lu page 88 : "Etre grosse, c'est avoir des gros seins" !!!
Alors là, nan et encore nan, désolée mais NON ! Je passerai pour une vieille (et à peine 23 ans pourtant) et pauvre fille frustrée, mais qu'on se le dise, cette croyance est totalement fausse, absolument pas vérifiée scientifiquement. Et avant même de parler de science, absolument pas vérifiée empiriquement. Personnellement, je vous l'assure, mes seins n'ont rien d'astronomique ! Ils ne sont même pas de taille "normale" (comme dirait Thérèse dans Le Père Noël est une ordure, mais là ça concernait autre chose !), ils sont très clairement petits. Parfaitement, petits !
Alors attention, je n'en fais pas toute une histoire, je ne suis pas complètement effondrée par cette injustice jusqu'à la fin de mes jours. Je fais juste avec. Sans m'en vanter, sans m'en désespérer. Mais quand je lis que les "grosses" ont forcément de gros seins, là désolée mais je ne peux pas acquiescer !
D'ailleurs, je me sens presque exclue de tout camp (non que je tienne particulièrement à intégrer l'un d'eux, mais de fait : je ne suis ni mince, ni ronde, ni "normale") : je ne suis pas mince car j'ai des hanches dodues, de grosses fesses et des cuisses n'ayant rien à leur envier. Mais je ne suis pas ronde non plus, me dit-on, car j'ai le buste fin ! Il semblerait donc que je sois juste mal foutue !
Bref, je vais m'arrêter là. Mais je sens qu'il va falloir créer une nouvelle catégorie : les ronces ou les mindes, pour parler des mi-rondes mi-minces ? À moins, tout simplement, qu'on arrête de focaliser là-dessus, et qu'on se contente de nous fournir des pantalons bien coupés au-delà du 42 ! ;-)
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